Sur la route de la mystérieuse poutine d'or
Petit blog sur mon voyage de 5 mois entre le Québec, la Bolivie et le Pérou, pour partager mes activités, expériences et ressentis avec mes amis et ma famille. Vos commentaires sont les bienvenus pour le rendre interactif!

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Album photo
Mes amis

Mes albums

Rubriques

BOLIVIA
CHILI
PEROU
QUEBEC

Sites favoris



Au coeur de la Cordillère Blanche à Huaraz

 

Je quitte Cuzco par un trajet de 21 heures en bus vers Lima puis un autre directement de 9h vers Huaraz, plus au nord. Pas si difficile que ca finalement, surtout quand les bus sont ultra conforts. J'arrive à 7h du matin à l'hostal Caroline, un lieu familial et ultra convivial où je fais vite connaissance de quelques fortes personnalités pendant le petit déjeuner, notamment le voyageur au long cours australien David, l'écrivain voyageur Iker et Jim, un américain débarqué à Huaraz il y a près de trois ans et qui a lancé une ONG Changes for new hope pour s'occuper des enfants pauvres de la région. Jim nous propose de passer l'après-midi avec lui et une partie des enfants dont il s'occupe. Les enfants sont ultra accueillants et sans préjugés. Ca me fait vraiment plaisir de ravoir ce lien avec la vie locale tel que j'avais pu l'avoir à Sucre, en Bolivie. Huaraz est une ville pauvre, qui n'a certes pas le cachet historique de Cuzco ou Arequipa, mais qui est entourée de montagnes grandioses, toutes à plus de 6000m, composant la Cordillère Blanche et la Cordillère Noire. Souvent couvertes de brume durant cette saison des pluies, elles n'émergent que rarement ce qui rend le phénomène encore plus beau. Le temps n'est pas à son optimum, il fait beau le matin puis pleut l'après-midi et le soir, je décide donc de ne pas partir pour de longs treks (notamment celui de Santa Cruz qui permet de découvrir la montagne considérée comme la plus belle du monde, en forme de diamant, l'Alpamayo, le chemin a été en partie inondé) mais de me contenter de balades à la journée et de découverte de la vie locale, notamment grâce aux connaissances de Jim.

 

La première balade mène à Chavin, grand site archéologique datant de l'époque pré-Inca, niché au milieu des montagnes, accessible en microbus par une route ultra secouée. Quelques pièces impressionnantes sont très bien conservées, notamment des sortes de têtes gargouilles et un grand totem anthropomorphe, caché au fond d'un temple souterrain. Le site est complété par un beau musée.

 

Nos pieds nous mènent un autre jour vers le lac 69, à 4700m, au coeur du parc naturel Huascaran. Une montée de trois heures à pieds au milieu des vaches, des torrents, des belles fleurs de montagnes, mais sous un temps très couvert. Les derniers mètres sont particulièrement difficiles à cause du manque d'air à cette altitude, mais on arrive dans un paysage splendide lorsque des éclaircies apparaissent, un lac ultra bleu et transparent au pied de glaciers, avec quelques vaches qui broutent. Ca me rappelle les lacs de haute montagne savoyards, ca fait du bien. On redescend doucement sous la pluie pour finir complètement trempés avant de passer voir le lac Llanganuco entouré d'arbres qui perdent leur peau comme des oignons.

 

Autre jour, autre découverte. Après une montée en bus jusqu'à 4800m en traversant de splendides paysages couverts de puyas de raimondi, ces plantes géantes pouvant vivre jusqu'à cent ans, on gravit les 400m manquant vers le glacier Pastoruri, au milieu d'un paysage désolé avec de beaux lacs gelés. Passer la barrière des 5000m d'altitude devient une habitude ici...

 

 

Pour mon ultime balade en altitude au Pérou, on part avec Iker vers le lac Churrup. On prend un micro jusqu'à Llupa avec un bébé porc produisant des effets sonores intéressants, puis on commence la montée vers Pitec sous un ciel blanc. On continue alors sur des montées très abruptes sous un temps de plus en plus menaçant. Finalement, ne voyant plus à proximité, on se décide à rebrousser chemin avant d'atteindre le lac. On croise des personnes qui redescendent qui nous confirment qu'il vaut mieux ne pas continuer. Le retour se fait sous une pluie permanente, on arrive trempés jusqu'aux os et frigorifiés à Huaraz...

 

Entre les quelques journées dans la montagne, on passe aussi pas mal de temps dans la ville, à découvrir le marché et des bars et restos locaux, comme la Sierra Andina, micro-brasserie locale qui se défend pas mal, ou des bars de la jungle, prodiguant ce savant mélange et savoureux breuvage d'herbes de la forêt amazonienne, le chuchuhuasi, soulageant tous les maux tout en ayant sa bonne dose d'alcool. On découvre aussi des endroits bien animés de vie nocturne...

 

Afin de boucler la boucle, le dernier jour dans le coin est passé avec un autre groupe d'enfants dont s'occupe Jim, dans un petit village isolé, Sachsaypampa, accessible par une montée abrupte. Une collecte de sourires avant de partir.

 

Le séjour à Huaraz a été riche en expériences fortes et me laisse encore plus de beaux souvenirs alors que je m'approche à grands pas de la fin de mon voyage, en prenant le bus pour Lima. Lima, mégalopole couverte d'un ciel blanc et chaud, où je passerai deux jours très agréables, à découvrir l'Océan Pacifique à Miraflores, à manger des fruits de mer et du poisson, à boire du pisco pour la dernière fois. Et je passerai une ultime soirée mémorable avec mes comparses David et Iker.  Rien de mieux pour finir ce long voyage, qui ne m'a remplie que de belles choses, qui me laisse avec un grand sourire, qui m'a permis de faire tomber de nombreuses barrières. Je reste la même mais je suis encore plus en paix avec moi-même, plus sereine.

 

Notre vie est ce qu'on en fait, il suffit d'ouvrir les yeux et de réagir quand on s'éloigne de ce que l'on cherche.

 

Photos ici: www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Huaraz

 

 

 

 

Et merci à tous ceux qui ont pris la peine de suivre ce blog au cours des mois!



Publié à 15:13, le 23/04/2012, dans PEROU, Huaraz
Mots clefs :
Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

Le plein de frissons du coeur de la vallée sacrée des Incas jusqu'au Macchupichu

 

Centre de l'impire inca, porte d'entrée vers le Machupicchu, je m'attendais à un Cusco ultra touristique, à la limite du supportable. Je me suis trompée ou je ne suis pas venue au bon moment car ma première impression de la ville est très bonne et je ne me sens pas du tout oppressée. Le centre de la ville est tel que les espagnols l'ont laissé après avoir détruit tout ce qu'ils pouvaient des temples et autres constructions incas et construit des églises, monastères, et bâtiments coloniaux. La place centrale de la ville est celle qui a vu exécuter le dernier Inca après qu'il ait été écartelé. Aujourd'hui, tout ce qui a pu être préservé du temps inca est mis en valeur, que ce soient des murs penchés avec des pierres gigantesques aux formes diverses mais qui s'emboitent parfaitement sans ciment, les fondations de nombreuses maisons, ou les restes de temples incas préservés au sein du monastère Santo Domingo. Des statues à la gloire des incas sont aussi maintenues dans la ville tout comme la maison de Inca Garcilaso de la Vega, fils d'un espagnol et d'une native qui a laissé les écrits les plus éclairants sur les incas et l'histoire du Pérou. Même si les espagnols ont imposé leur vision du monde et des dieux, le culte de la terre et de la Pachamama est resté pour créer une religion propre locale. Par exemple, le tableau de la cène de l'immense cathédrale représente Jésus et les apôtres en train de partager le 'cuy' grillé (le cochon d'inde), nourriture typique locale, et le patron de la ville est le seigneur des tremblements, représenté comme un Jésus noir (noirci par les cierges) qui porte une jupe. J'arrive au moment de la Semana Santa où il est d'ailleurs amené en procession à travers la ville, où la population sort ses plus beaux habits et ses meilleurs mets pour la célébration.

 

En plus de découvrir la ville cernée de montagnes, en attendant de partir vers le Machupicchu, je décide de tenter, et c'est une première pour moi, le rafting sur une rivière à 2h de Cusco, l'Urubamba. Nous ne sommes que deux passagers, un portugais et moi, avec deux guides vraiment très cool. Musique rock dans la voiture, gonflage du bateau sur la rive, enfilage de tenues épaisses car l'eau est froide, puis on embarque pour une descente de 2h30 sur des rapides plus ou moins forts. Tout juste génial et plein d'adrénaline même si on est trempés, vu qu'on peut aller au rythme qu'on veut n'étant que 2, très belles sensations. On se fait un petit pique nique sur le bord de la rivière pour finir en beauté, hum.

 

Le lendemain, je rejoins Guido, qui sera le guide des 4 jours du 'Inca jungle trek' vers le Machupicchu puis une dizaine d'autres touristes avec qui je ferai la balade. Entre 20 et 30 ans, ils sont tous ultra sympas. Pour notre premier jour de balade, après 3h de bus, on commence par descendre en vélo 50km de route, en partant de près de 4000m d'altitude pour arriver vers 1500m à Santa Maria, dans la jungle. Sous la pluie pour la première heure, ca nous prend entre 3 et 4h au total sur une route magnifique, où on croise des rivières à traverser à toute vitesse. On finit trempés et souriants. Dans le village où on arrive, le tenancier d'un restaurant nous propose de sécher nos chaussures dans le four pour la nuit, technique artisanale plus ou moins efficace (bon, une des chaussures d'un gars aura en partie fondu, mais ce sont les risques à prendre...). On va se promener dans le village et dans le village fantôme à proximité, abandonné suite à la montée de la rivière qui a fait de nombreuses victimes quelques années plus tôt. Il n'y a que quelques porcs qui déambulent dans la rue. Puis je passe la soirée à papoter avec Guido, plein de connaissances sur les us locaux.

 

Le deuxième jour, lever à 6h pour attaquer 8h de marche vers le village de Santa Teresa alternant montées, descentes et plats, en partie sur le chemin de l'inca (chemins construits vers Cusco pour les messagers, les chaskis) avec une vue magnifique (parfois à pic)  sur de splendides montagnes, la jungle et la rivière. On découvre des champs de coca, des caféiers, des cacaotiers. On fait de bonnes pauses chez des habitants qui nous font goûter leur production. L'ambiance de la marche est très sympa et relax, et les moustiques nous accompagnent gaiement. Certains osent la baignade dans la rivière glacée. Pour ma part, je suis un peu refroidie par une stupide chute en marchant sur un hamac lors de l'une des pauses, directement sur les dents... Une dent est en partie cassée, l'autre bouge dangereusement et fait bien mal. Etant au milieu de nulle part, je prends mon mal en patience pour attendre de rentrer à Cusco pour voir que faire avec mon assurance. Bref, un souvenir qui ne me quittera pas ;) Du coup, arrivés à Santa Teresa, village perdu mais où il y a un endroit pour danser, on passe la soirée à danser en chaussures de montagne, très cool.

 

Le jour suivant, on va passer d'une montagne à une autre avec du zipline, en gros, en s'accrochant à un fil en fer et en se laissant aller sur des distances plutôt longues, très loin du sol et et assez vite. Je vais en permanence trop vite et ai toujours beaucoup de mal à m'arrêter, du coup, je ne suis pas sure de renouveler l'expérience même si je suis contente d'avoir essayé. On continue alors notre chemin en longeant la voie ferrée avec vue sur le versant du Machupicchu pendant trois heures jusqu'à la gare du Machupicchu, à Aguas Calientes. Un village traversé par la voie du chemin de fer et accessible uniquement par cette voie, car il n'y a pas de route. Entouré de montagnes en cônes splendides, le village est centré sur le tourisme avec multitude de bars, restaurants et hostals sur les quelques rues qui le composent.

 

Après un peu de sommeil, on part à 4h30 pour monter à pieds les derniers kilomètres qui nous séparent du sommet, afin d'arriver avant les groupes de touristes et éventuellement voir le lever du soleil. 1700 marches dans le noir, pas forcément facile mais on s'y fait. Notre groupe est le premier sur le site, qui émerge tout doucement de la brume, au milieu de sommets superbes. Guido nous offre une visite de deux heures à travers les terrasses, les temples, les constructions dont les formes suivent celles de la montagne... Aucun mur n'est droit, les pierres se marient parfaitement tout en ayant des formes étranges (comme les pierres à 12 faces), ca plairait aux mauriennais... De nombreux bâtiments sont construits pour être illuminés les jours de solstice ou d'équinoxe, des pierres à l'apparence quelconque indiquent les points cardinaux, d'autres se remplissent d'eau et reflètent les étoiles, tout a été minutieusement pensé mais aujourd'hui encore, de nombreux mystères subsistent sur l'utilisation du site, ce qui renforce son attrait. Afin de jouir d'une belle vue sur le Machupicchu, on grimpe au Huaynapicchu, montagne qui lui fait face. La grimpette est plus dure que celle du Machupicchu, les marches sont plus hautes (comment faisaient les petits Incas???) et le chemin bien plus étroit, il faut souvent s'aider à la corde et deux personnes ne peuvent pas se croiser. La montée se termine par la traversée d'une grotte où il faut se contorsionner pour parvenir à passer. Mais la récompense est splendide, la vue panoramique est magnifique, sur les montagnes en cônes et le Machupicchu. On reste au sommet près de deux heures puis on redescend vers le Machupicchu qui commence à recevoir des gouttes de pluie. On s'attarde un peu puis on redescend à pieds. La pluie s'intensifie fortement, le chemin devient une rivière, on est trempés et on est bien contents d'arriver en bas pour prendre une bière au chaud. On prend alors le train du retour vers Ollataytambo puis un bus pour Cusco, tous très heureux de ces quatre jours pleins de frissons, de ce qu'on a vu et vécu.

 

De retour à Cusco, je prends contact avec mon assurance qui m'envoie dans une clinique à l'autre bout de la ville. Plein de monde, pas un seul gringo, pas très clean, je me demande un peu si on va m'arracher les dents. La fille de l'accueil me renvoie direct vers une autre clinique avec laquelle ils collaborent, plus loin dans la ville. Une clinique moderne, je suis rassurée. La dentiste est très sympa et me parait compétente. Elle me dit que mes deux dents sont fracturées, mais qu'elle ne peut en soulager qu'une sur le moment et que je devrai soigner l'autre en Belgique car c'est long et cher. Je ressors donc avec une apparence normale, je n'ai rien payé, l'assurance a tout pris en charge. Ils font même livrer les médicaments à mon hostal. On va manger des sushis (c'est mou!) avec les gens du trek et le guide et puis on va faire la fête en ville jusqu'à bien tard.

 

Le lendemain, je m'embarque dans un microbus local pour Pisac, mignon petit village hébergeant un splendide site inca au coeur de la vallée sacrée. De multiples terrasses et des constructions très bien conservées, que je découvre sous un grand soleil, à mon rythme, sans guide. De retour dans le village, je prends un autre microbus pour Ollataytambo via Urubamba. Ollataytambo est un très beau village où je passe la nuit, le seul qui ait conservé le plan inca, avec ses ruelles, pavés et rigoles d'évacuation d'eau d'époque. Je goûte le steak d'alpaca pour la première fois, très bon et tendre. Je monte au site archéologique dans la matinée, quand les flots de touristes ne sont pas encore arrivés. La construction du site a été interrompue par l'arrivée des espagnols. Je grimpe jusqu'au sommet où quasiment personne ne va et tombe sur un norvégien en train de faire une sorte de tai-chi, seul en haut du temple. Je croise aussi un local en train de chercher des champignons avec une grosse machette, un peu flippant. Après un tranquille tour du site, je passe au marché où les vendeurs sont des enfants car il n'y a pas assez de touristes à cette heure pour que les adultes se déplacent. Je repars en microbus vers Cusco où je vais passer quelques jours à visiter quelques musées locaux avant de repartir voir le site de Moray, de grandes terrasses en amphithéâtre qui servaient de laboratoire d'agriculture et les salines de Maras, qui permettaient d'extraire le sel pour conserver les aliments, déjà du temps des Incas. Je pars également vers la Vallée Sur, où je découvre une église ultra baroque comparée ici à la chapelle sixtine d'Amérique Latine dans un petit village perdu, Andahuaylillas. Chargée d'or et de belles peintures sur les plafonds et les murs tout en restant très simple de l'extérieur, elle est gardée jour et nuit par les villageois. Piquillacta est un village pre-inca, mélange des trois principales cultures locales de l'époque, dont subsistent de grandes avenues de pierres, un lac asséché et quelques maisons. Tipon est un autre site archéologique, connu partiulièrement pour son ingénieux système d'irrigation avec de nombruex canaux et ses grandes terrasses. On dit aussi que son eau rend fertile... 

 

Pour un de mes derniers jours dans la région, je pars en microbus vers Tambomachay, où se trouvent les bains de l'Inca avec ses sources sacrées. Puis je descends vers Puca Pucara avec une très belle vue sur la vallée, puis continue vers Qenko, où un lieu de culte a été construit directement dans la pierre, avec des tunnels en zigzag et un trône dans une sorte de grotte illuminée par les reflets du soleil sur une plaque en argent extérieure. De nombreux sacrifices ont été effectués ici, l'Inca Pachacutec y serait enterré. Je finis ma balade en descendant vers le grand site de Sachsayhuaman, au milieu de grandes plaines. Vu que c'est un jour férié (le vendredi saint), de nombreux péruviens sont en train de pique niquer ou de se balader, ce qui confère au lieu un côté très accueillant. Le site en lui-même est fait de très larges pierres placées comme s'il s'agissait d'une forteresse, mais certains disent que c'était un lieu de culte. De même, comment ces pierres ont été déplacées et emboitées reste un mystère.

 

Je passe mes deux derniers jours à Cusco à me relaxer et à sortir un peu... Puis je m'embarque pour une des dernières destinations de mon voyage, Huaraz, au coeur de la Cordillère Blanche. 30 heures de bus via Lima, mais je suis sure que ca vaut le coup...

 

Photos disponibles ici: https://www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Vallee%20sacree%20-%20Machupicchu?h=38a5a1

 

Et pour finir, une belle photo du mets local le plus apprécié en ces temps de semaine sainte, le cuy ou cochon d'inde et son grand sourire (mais il n'y a en fait pas grand chose à manger)...

 

 



Publié à 15:58, le 9/04/2012, dans PEROU, Cusco
Mots clefs :
Commentaires (5) | Ajouter un commentaire | Lien

1ère approche vertigineuse du Pérou: Arequipa, trek dans le canyon de Colca, puis détour par Nazca


Le trajet de San Pedro de Atacama à Arequipa est principalement une longue traversée du désert de près de 20h, avec quelques villages par ci par là, mais essentiellement du sable, de la terre, quelques cailloux et des multitudes de dunes. J'arrive à Arequipa en milieu d'après-midi, sous un grand soleil. Surnommée ville de l'éternel printemps, c'est vrai que ca fait du bien, un bon climat tempéré et ensoleillé, comme à Sucre, en Bolivie. Les deux villes se ressemblent d'ailleurs fortement, avec de beaux vieux bâtiments à tendance blanche, une vie plutôt tranquille et une place principale très animée. Ce qui me marque particulièrement ici, c'est le peu de marchands de rue face à de grands magasins bien organisés, ca change beaucoup de la Bolivie. Le centre est très propre, mais si on s'éloigne des circuits les plus touristiques, et notamment qu'on se rapproche du marché, les trottoirs redeviennent beaucoup plus vivants. Première ville où je débarque où une policière insiste pour m'accompagner prendre un taxi pour vérifier la carte du chauffeur avant de noter tous les détails au cas où il y a un problème, les vols sont apparemment nombreux. Le gars de l'auberge fera la même chose quand je partirai le dernier jour, étrange....

 

Pour mon premier soir au Pérou, je me retrouve avec une fille de mon auberge à un concert gratuit de l'orchestre symphonique d'Arequipa accompagné par le chef d'orchestre de l'orchestre national du Pérou, très apaisant. Le lendemain je vais visiter le monastère de Santa Catalina, entouré de murs immenses et abritant comme une ville dans la ville, qui fut fermée au public pendant plus de 300 ans. De vieilles pierres, du rouge, du jaune, du bleu, on se croirait presque en Provence sauf que c'était un monastère pour les jeunes femmes avec de bonnes dots. Quelques sœurs y vivent encore aujourd'hui mais avec des règles assouplies. Niveau culinaire, je tente le ceviche, à base de poisson cru mariné, très bon et le 'rocotto relleno', piment farci qui est peut être très bon mais m'arrache mon si fragile palais..

 

Au hasard de mes pérégrinations dans la ville, je vois un attroupement de jeunes boliviens pour rentrer dans un endroit ouvert avec de la musique à fond. Je me dis que c'est un festival et me renseigne à l'entrée, on me laisse rentrer gratuitement (un peu la seule gringa du coin). Très étonnant, une allée découverte avec sur chaque côté d'immenses salles avec de la musique à fond, des jeunes hommes qui se déhanchent sur scène et des centaines de jeunes qui suivent le mouvement tant bien que mal, pas du tout en tenue de sport... Je visite aussi le musée de l'université qui se concentre sur Juanita, l'enfant des glaces retrouvé en 1995 au sommet d'un volcan en parfait état de conservation, avec des habits en parfait état et ses offrandes. Par pur hasard, l'éruption d'un volcan voisin a fait fondre le sommet du glacier où elle se trouvait au moment où un scientifique passait pour prendre des photos de l'éruption (bon, près de 6000m d'altitude). Choisie par l'inca pour calmer les dieux et ainsi sacrifiée à l'âge de 12 ans, elle avait parcouru près de 500km à pieds depuis Cuzco jusqu'au sommet de la montagne. Un tel sacrifice était effectué tous les 4-7 ans. D'autres enfants ont par la suite été retrouvés. Au moment de ma visite, Juanita est en phase d'analyse au laboratoire et est remplacée par une autre momie de glace, Sarita, impressionnante elle aussi dans sa boite à -30°.

 

Après mes petites découvertes culturelles, je m'embarque pour un trek de trois jours dans le Canyon de Colca. Départ à 4h du matin, mais cette fois-ci j'ai bien dormi et je ne suis pas sortie la veille pour éviter de reproduire les erreurs du passé ;) Je passe trois heures en bus entre le chauffeur et le guide, très locaces mais sympas. On fait un premier arrêt à Chivay pour le petit déjeuner où je rencontre les quatre autres personnes avec lesquelles je vais marcher: 2 jeunes français acharnés de la marche et un couple d'étudiants péruviens de Lima. On s'arrête à un mirador où on parvient à voir passer un condor, puis on attaque la balade avec 12km de descente abrupte et glissante vers le fond du canyon, ultra vert grâce aux fortes quantités de pluie tombées récemment, puis on s'arrête dans un village du canyon où on passe l'après-midi et la nuit, en partie en jouant au yam's avec les français. Malgré le grand soleil, je me mets à avoir un rhume inexpliqué qui ne s'arrête que quand je marche, puis lorsque je quitte le canyon. Du coup, je me soupconne d'être allergique à un truc de là-bas, alors que je ne suis normalement pas allergique, étrange... Bref, le lendemain on refait 12km pour atteindre d'autres villages de la vallée et le guide s'arrête de temps en temps pour nous montrer l'agave, l'aloe vera, la cochenille (petit parasite des cactus qui devient un colorant naturel quand on l'écrase), des plantes toxiques et des fruits. On mange notamment de bonnes figues de Barbarie fraiches, succulentes. On s'arrête dans un petit musée de village où on nous sert de la chicha, l'alcool local à base de mais, très souvent fermenté par mastication, mais on nous assure que celle-ci n'a pas été mastiquée... Le musée montre notamment des testicules de taureau qui servent à transporter l'eau ainsi que des outres en peau de bouc (avec les pattes). On continue alors notre chemin jusqu'à l'oasis au fond du canyon où on s'installe dans une mini cabane de chaume ultra spartiate (pas vraiment de mur) donnant sur des bains à ciel ouvert, très reposant. Le ciel se couvre, alors on joue aux cartes avec les francais, des espagnols et le péruvien. On se lève aux aurores pour entamer la dure remontée hors du canyon, 10 km d'ascension très abrupte (1000m de dénivelé) avec de très gros cailloux sur le chemin. Les péruviens louent une mule, je décide de monter à pied même si c'est dur non-stop pendant plus de 3h. La vue est magnifique avec le lever du soleil et les condors qui passent au loin. Arrivés au village de Cabanaconde, on repart vers Arequipa en s'arrêtant dans des piscines thermales. J'ai des bonnes courbatures mais je suis enchantée de la belle balade.

 

Le lendemain, malgré les manifestations à Arequipa pour demander que les produits de base soient moins chers, je parviens à prendre un bus plutôt pourri pour Nazca (où d'autres manifestations ayant duré plusieurs jours et ayant bloqué les routes, viennent de se finir, ouf), pour 10h de trajet. J'arrive tôt le matin et découvre que, vu le peu de touristes pour le moment, il est possible de partir directement à l'aéroport pour survoler les lignes de Nazca, ces formes géantes qui ne sont visibles que du ciel, représentant des animaux, des formes géométriques et autres formes étranges. Je m'embarque donc dans un petit avion avec 3 autres personnes pour 35 minutes de vol ultra secoué. Je suis plutôt déçue car on vole trop haut pour bien voir les lignes, mais je suis quand même contente d'avoir eu une approche de ces lignes étranges et mythiques. Je repars le soir même pour Cuzco pour 17h de bus ultra confortable, ville où je compte passer la majorité de mon temps au Pérou afin de pouvoir apprécier tranquillement ce que la région recèle...

 

Photos ici: www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Arequipa-Peru



Publié à 02:55, le 3/04/2012, dans PEROU, Arequipa
Mots clefs :
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Un petit détour par un Chili grandiose, autour de San Pedro de Atacama

 

 

J'arrive donc au Chili par le poste frontière au milieu du désert où j'embarque dans un bus pour San Pedro. La vue est magnifique, le village étant situé au milieu du désert, collé au Salar d'Atacama et au pied du volcan Licancabur de plus de 6000m, au sommet enneigé. Malgré ce que j'ai pu entendre, les formalités d'entrée dans le pays s'avèrent très faciles et mon sac n'est pas contrôlé. Avec Chika la japonaise et un japonais qu'elle vient de rencontrer, on se met à la recherche d'un hostal pas cher dans le petit village de San Pedro. Tâche ardue, les prix ici n'ont rien à voir avec les prix boliviens. On dégôte une chambre qu'on partage tous les trois. Je vais alors découvrir un peu plus le village qui me semble très accueillant. A 2000m d'altitude, il fait extrêmement beau, désert en été oblige, il n'y a que quelques rues de terre, c'est très propre, il n'y a quasiment pas de marchand de rue, mais il y a de très bons restos, qui font du bien à mon palais après ma longue cure de riz patates quinoa en Bolivie. Beaucoup d'agences sont présentes et offrent des balades dans la région. Pour la première soirée sur place,on se prend un verre irréel avec les japonais qui parlent peu anglais et encore moins espagnol et je rencontre une jeune allemande qui fait partie d'une confrérie religieuse inconnue.

 

Après une bonne journée de repos le lendemain, je pars en fin d'après-midi vers la Vallée de la Luna et la Vallée de la Muerte. Je fais connaissance de deux israéliens tout frais sortis de 7 ans d'armée dans la marine, très sympas. Le paysage de la Vallée de la Luna, qui tire son nom de sa ressemblance avec le sol lunaire, est étonnant, fait de pierres, de grandes dunes de sable et de formations géologiques aux formes étranges sur des espaces immenses travaillés depuis des millions d'années et dans une atmosphère ultra chaude. Pour le moment, le sol est en partie blanc, car le sel est remonté suite aux fortes pluies de février, on dirait de la fine neige. Je rencontre une vieille femme chilienne en vacances pour la énième fois dans le coin tellement elle l'apprécie. Elle se prend d'affection pour moi et m'offre une pierre de jaspe qu'elle trouve dans le désert afin de me porter bonheur. Elle est encore plus heureuse en apprenant mon signe astrologique car nous avons le même et que la jaspe est la pierre de notre signe, si elle le dit. On va marcher sur les sommets et on a alors une vue impressionnante sur les alentours, sable, désert, hautes montagnes... Je croise aussi un francais, qui est allé dans le même collège que moi à Chambéry, étonnant... On se dirige vers la Vallée de la Muerte, zone ultra aride et venteuse, où la vie est rare. Un bel arc-en-ciel se profile lors de notre passage. Pour le coucher du soleil, on bénéficie d'un beau point de vue panoramique sur la région environnante, avec, selon le côté où l'on se tourne, la cordillère des Andes, le salar d'Atacama, la cordillère de Domeyko, le désert... splendide.

 

Le jour suivant, je m'embarque pour les lacs de l'altiplano Meniques et Miscanti en passant par le salar d'Atacama. Le salar d'Atacama, bien plus profond mais moins étendu (4000km2), est complètement différent du salar de Uyuni et n'est pas blanc et lisse, bien au contraire, mais fait de gros blocs de sel à tendance marron et blanche. Le Chili tend à très bien protéger ses dotations naturelles et les parcs sont vraiment superbes. On va voir le lac Chaxa au coeur du désert de sel, hébergeant de nombreux flamands roses. Le paysage est hallucinant, à 360°: les Andes, les volcans (dont un en activité), le salar, les lacs, les flamands roses, sur des distances immenses. La région, promue comme étant la plus aride du monde, vient de sortir d'un mois de pluie non stop. Le sol est donc gorgé d'eau et l'accès à de nombreuses zones est rendu impossible car le sol est mou. On continue notre chemin vers les lacs de l'altiplano, d'origine volcanique, situés à 4200m d'altitude, en passant par le vieux village de Toconao, une oasis au milieu du désert, où les maisons sont faites en pierres volcaniques. Les lacs me font fortement penser à nos lacs de montagne, mais les sommets derrière sont bien plus hauts, facilement à 6000m, et on ne peut pas s'approcher à moins de 200m car les zones sont protégées. Des oiseaux rares y font notamment leurs nids et des vigognes s'y abreuvent. Sur le chemin du retour, on s'arrête au village de Socaire pour manger. Le soir je m'embarque pour l'Observatoire de San Pedro pour une découverte des étoiles. La zone est en effet particulièrent propice à l'observation des astres, car la pollution lumineuse est minime et la vue de la voie lactée est très belle. Un astrophysicien francais nous explique plein de choses et on reconnait quelques constellations, mais le ciel se couvre vite avant que nous n'ayons pu regarder aux téléscopes. On fait donc une pause autour d'un chocolat chaud en attendant que le ciel se dégage. Par chance, ca marche et on parvient à voir des nuages d'étoiles, la voie lactée et d'autres galaxies lointaines, Jupiter, Mars (boule sur la photo) et le plus impressionnant pour moi, Saturne avec ses anneaux. C'est une très belle expérience, mais qui me fait rentrer à minuit, alors que je dois partir à 3h en balade vers les geysers du Tatio...

 

J'essaie de dormir un peu dans le bus ultra matinal. On arrive à 7h du matin à 4300m pour voir les geysers en pleine activité, quand la température extérieure est encore froide, ce qui cause la création de vapeur. Une multitude de geysers de différents types (vapeur seulement, eau et vapeur, continus ou cycliques, naissants ou vieux) est située dans un espace immense entouré de la Cordillère des Andes et de ses sommets enneigés. Certains sont vraiment impressionnants. Puis on part vers des geysers plus anciens où se trouve également des piscines chaudes naturelles à 37° dans un très beau paysage. On continue la journée en traversant des paysages ultra changeants à la quête d'animaux locaux, comme les vigognes, les lamas, des oiseaux locaux et des flamands roses, puis on s'arrête dans un petit village au milieu de nulle part, Machuga, avec une belle vielle église et quelques maisons en pierre et chaume. On redescend alors vers San Pedro en passant par le Canon de Guarin et ses cactus géants. Je passe l'après-midi à me relaxer et à me promener à San Pedro, que j'apprécie vraiment même si le dépaysement est beaucoup moins fort qu'en Bolivie et les prix beaucoup plus élevés, mais où toutes les personnes que je rencontre sont ultra accueillantes et arborent un grand sourire. Je me dis que je devrai définitivement revenir pour découvrir ce pays immense. Je prends alors un bus très classe par rapport aux bus boliviens pour aller vers Arica, vers la frontière du Pérou, puis une voiture avec d'autres gens pour passer la frontière jusqu'à Tacna, où je finis par un autre bus pour Arequipa au Pérou, où j'arrive après environ 20h de trajet. Le Pérou, où je vais passer la fin de mon voyage...

 

Photos ici: www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Chili-San%20Pedro



Publié à 02:49, le 23/03/2012, dans CHILI, San Pedro de Atacama
Mots clefs :
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien

Des paysages irréels: le Salar de Uyuni et le Sud Lipez

 

Sortie de la jungle, je prends donc le mini avion du retour de Rurrenabaque à la Paz, qui a un jour de retard, et je passe un ultime après-midi à la Paz. Suit alors le bus de nuit vers Uyuni pour 14h de trajet (un peu plus long que la normale car la route a subi les fortes pluies, il faut donc traverser une rivière à pieds au milieu de la nuit fraiche pendant que le bus fait un détour à vide au cas où il se retourne... des gens que j'ai rencontrés plus tard qui sont passés par la même route ont même du reconstruire le pont à la main pour que leur bus passe). J'arrive à Uyuni un jour de marché, ce qui donne un peu de vie à la ville, composée de deux rues principales autour de la gare et de quelques transversales, une atmosphère sommes toutes très étrange. La ville est réputée pour son climat très dur et venteux, c'est donc plutôt bien d'arriver en été. Je me trouve un hôtel où je n'aurai finalement jamais d'eau dans la douche (je ne le saurai qu'à la fin), seulement un robinet d'eau froide, bon prémisse aux jours qui vont suivre. Le but de mon arrivée ici est de partir enfin vers le Salar et le Sud-Lipez, je fais donc le tour des agences. Il fait beau pour le moment mais le mois de février a été très pluvieux, résultat le Salar est inondé et il n'est pas possible de s'y aventurer plus en avant et de le traverser. D'après les guides, l'eau ne se sera pas évaporée avant le mois d'août. J'ai toujours rêvé de voir le Salar, je me contenterai donc de ce que j'ai quitte à revenir y passer plus de temps en période sèche. Au détour de l'une des agences, je fais connaissance avec un basque expatrié au Canada très sympa avec qui on va voir un peu les abords de la ville durant la soirée. Le lendemain, je rejoins cinq personnes, un couple d'anglais en train de faire un tour du monde, un couple de polonais et une japonaise, pour partir en 4x4 avec un guide qui s’avèrera très antipathique, mais ce sera largement compensé par les gens du groupe, ultra sympas.

 

On commence notre balade de trois jours par la visite du cimetière des trains de Uyuni. Les dépouilles des trains qui étaient utilisés dans les mines sont stockées aux abords de la ville. On se dirige ensuite vers le Salar en s'arrêtant dans un petit village où de nombreuses maisons sont construites en sel, et où les habitants vivent principalement de l'extraction du sel qu'ils collectent et envoient par le train vers d'autres villes qui le traiteront (notamment pour rajouter de l'iode). Entrés dans le salar inondé, le 4x4 ne se démonte pas et on roule dans l'eau salée jusqu'à l'hôtel de sel où on pourra passer près de deux heures. Normalement l'accès n'est pas autorisé dans ces conditions, mais les 4X4 rentrent clandestinement sur cette portion du désert. L'hôtel de sel est aujourd'hui officiellement transformé en musée pour raisons hygiéniques, même si certains y dorment encore officieusement. Les paysages sont splendides, impressionnants. Le salar, une étendue de 12500km2, est d'un côté non inondé mais humide avec de grandes étendues blanches où beaucoup jouent au jeu de la perspective sur les photos, de l'autre, présente une fine couche d'eau qui reflète le ciel et donne l'impression de marcher dans les nuages, avec quelques montagnes perdues au loin. On ne peut pas aller vers les îles du Salar et leurs cactus géants, mais je reviendrai!

 

On reprend la route vers San Cristobal (un autre, Isa!) avec sa belle église avec ses toits de verdure, puis on continue jusqu'à Alota, petit village où de nombreux 4x4 s'arrêtent. On passe une soirée bien sympa avec mes compagnons de voyage à papoter en buvant du vin. Puis on repart le lendemain vers le Sud Lipez, avec ma musique dans la voiture, que tout le monde semble bien apprécier, ce qui fait bien plaisir. Le chauffeur fait une sortie de route sans gravité et on traverse quelques rivières à pieds. La route est en général faite de chemins de terre tortueux au milieu de paysages splendides, très hauts, sans construction et protégés, avec très peu de villages ou d'habitants. On fait un premier arrêt à la Laguna Hedionda avec ses multitudes de flamands roses (et ses odeurs de souffre) puis on continue notre chemin en croisant de nombreux lacs aux couleurs diverses, en traversant de longs déserts (on voit même une tempête de sable au loin) avec quelques étrangetés géologiques, comme la Vallée des pierres avec leurs formes multiples, dont l'arbre de pierre. On arrive alors à la Laguna Colorada, un lac immense aux couleurs rougeâtres entouré de magnifiques montagnes et hébergeant des flamands roses. On passe la nuit à proximité dans un refuge sommaire battu par les vents où on joue aux cartes. Levés à 4h, on part vers les geysers à 4900m d'altitude pour les admirer au lever du soleil. Après un tour dans les sources chaudes (37°), on repart vers le désert de Dali (même types de paysages que ses peintures) et on arrive à la Laguna Verde. La couleur des lacs dépend des minerais qui y sont présents en majorité, le magnésium ici. On finit alors notre balade en allant vers la frontière avec le Chili, une baraque au pied du volcan Licancabur et au milieu du désert. On se dit aurevoir avec le groupe bien sympa qui repart à Uyuni (j'apprendrai par la suite qu'ils ont crevé sur le chemin du retour) alors que je continue avec la Japonaise vers le Chili, à San Pedro de Atacama, 2000m plus bas, avec de belles images plein la tête mais également un petit pincement au coeur de quitter la Bolivie...

 

Photos ici: www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Uyuni

 



Publié à 00:03, le 14/03/2012, dans BOLIVIA, Uyuni
Mots clefs :
Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

Un pas vers la jungle via Rurrenabaque

Partie donc de la Paz vers la forêt amazonienne dans un petit avion d'une quinzaine de places, où on ne tient pas debout et avec vue directe sur le cockpit, les pilotes et le ciel en face et avec les petits bip bip pas très rassurants du tableau de bord. Un vol rapide de 45 minutes, alors que le bus prend au minimum 18 heures en période sèche (c'est bien pire en saison des pluies, j'ai entendu des histoires où ca a pris 54h, la route est chaotique...). Bref, avec l'avion, on commence par avoir une vue splendide sur la cordillère royale pour finalement avoir l'impression de se poser sur les arbres de la jungle tellement la piste est petite... J'arrive le soir mais la température est encore très haute à Rurrenabaque, près de 30°, ca change de la Paz. Mon auberge, qui a une grande cour avec des plantes exotiques, des hamacs, des oiseaux, des tortues, des grenouilles, a des murs très fins et pas de fenêtres, seulement des moustiquaires tellement il fait chaud. Un paresseux s'invite même un jour dans la cour et me fait un beau sourire avant de monter dans le cocotier, à son rythme :)

Rurrenabaque est un village très agréable, avec deux grandes rues principales et les rives de la rivière Beni. En très peu de temps, tout le village sait que tu es là et ce que tu fais... Pour mon premier jour, je fais le tour des agences pour en choisir une pour aller faire un tour de 3 jours dans la jungle. Je jette mon dévolu sur Escorpion, tenue par une famille d'indigènes. Départ le lendemain avec deux jeunes couples américains et hollandais, le guide Luiz Fernando et la cuisinière. Trois heures de bateau à contre courant sur le fleuve aux eaux marrons, avec pour vue des immenses étendues de forêt, parfois vallonnées. Durant le trajet, on voit une famille de capybaras au bord de l'eau et de très beaux oiseaux. On rentre dans le parc Madidi, zone protégée et très contrôlée, et on va jusqu'à notre premier campement, quelques huttes, faites de bois, de plantes et de moustiquaires. On s'installe et on mange puis on part pour notre première approche de la jungle. On est prévenus, contrairement à la pampa, il est difficile de voir de 'gros animaux' dans la jungle, ils peuvent se cacher facilement, on doit se considérer chanceux si on en aperçoit quelques uns. La pampa est beaucoup plus dégagée (mais du coup, les visiteurs ne quittent le bateau que très peu), il est alors facile de voir des singes, des oiseaux, des caïmans et alligators, des jaguars, des pumas, des serpents... Pour notre première balade au milieu d'arbres et de plantes immenses, Luiz Fernando nous fait donc découvrir pas mal de fruits (24 espèces de bananes ici) dont des mini mangues, le fruit du cacaotier très sucré, une sorte de patate douce... On découvre aussi le caoutchouc tout frais sorti de l'arbre, des champignons avec une texture plastique qui permet de boire, et des arbres aux utilisations multiples (feuilles pour faire des maisons, écorce comme remède, sève comme poison...). On voit aussi un arbre très fin peuplé de fourmis qui meurt si les fourmis s'en vont, utilisé comme torture par les tribus locales. Elles y attachent un homme à punir, il sera mort en moins d'une heure, mangé par les fourmis. Les fourmis sont tellement redoutables qu'un cercle de 2m autour de l'arbre est vide de végétation. On passe notre première soirée autour du feu à honorer la Pachamama et à célébrer un mariage improvisé entre les deux américains, qui ne s'y attendaient pas vraiment, mais qui s'y font bien. Des offrandes à la Pachamama de cigarettes, de coca, d'alcool (ce qu'ils appellent le whisky local est de l'alcool à 90°...), en présence d'un crâne d'animal avec quelques incantations et quelques chants et le visage coloré avec des plantes locales.... Puis on dort aux sons de la jungle (et des moustiques).

Le deuxième jour, on se lève tôt pour 6h de marche pour aller plus loin dans la forêt où on établira un campement pour la nuit. On patauge dans la boue, je déchire mon pantalon avec les nombreuses pics des plantes et arbres, on traverse des rivières jaunâtres avec de l'eau jusqu'aux cuisses, mais c'est très sympa. On apprend sur plein d'autres plantes et arbres. On mange un champignon au goût de viande, on découvre des arbres ultra toxiques mangés par des arbres tueurs (ils encerclent un arbre et l'envahissent jusqu'à ce qu'il meurt), on observe des insectes et des escargots géants... A un moment, notre guide entend et sent la présence de sangliers à proximité, on se cache, on guette, on les entend rogner très près de nous, puis le guide se met à sauter et à courir vers eux, un grand fracas, puis un sanglier court vers nous, passe à quelques centimètres. Sort alors des broussailles le guide avec un grand sourire et deux bébés sangliers dans les mains, détonnant... On essaie aussi de pêcher des piranhas et des poissons chats mais malgré quelques touches, la pêche s'avère infructueuse. Le guide m'offre un collier qu'il a fait avec uniquement des produits de la forêt, il dit que ça me protégera... Après avoir établi notre campement au bord du fleuve, certains vont s'y baigner (Véro m'a appris qu'il vaut mieux éviter...) puis on part pour une balade nocturne avec nos lampes torches. Les bruits de la forêt sont différents, il est plus facile de s'inquiéter et les moustiques sont encore plus féroces. On ramasse des grenouilles pour retenter la pêche, le guide sent l'odeur d'un grand serpent à proximité mais qu'on ne verra (heureusement?) pas, et on trouve une grosse tarentule dans un arbre. Le guide la drogue avec de la fumée de cigarette pour la rendre inoffensive mais je n'oserai pas la prendre dans mes mains pour autant, elle reste impressionnante.

Le dernier jour, on part découvrir quelques autres plantes, et on goûte notamment le cœur de palmier, un miel naturel sorti de l'arbre, de l'eau pure directement prise dans le tronc d'un arbre (l'écorce de cet arbre serait notamment très bonne pour le cancer de la peau) et du lait crémeux sorti d'un autre arbre, qui serait très bon pour purifier le corps. On découvre une sorte d'extension d'arbre avec une forme étonnante qui sert à soulager les piqûres de moustiques ainsi que l'arbre qui marche, un arbre très étrange, qui a des racines qui viennent du haut pour remplacer celles existantes qui alors meurent. Grâce à cela, l'arbre change de place, allant toujours vers le soleil, vraiment étonnant. On retourne vers le premier campement pour que je prenne le bateau du retour, seule, car les autres restent un jour de plus. Je repars donc seule pour trois heures de bateau, on s'arrête sur le chemin pour récupérer un pécheur avec un poisson chat de 8kg. J'arrive à Rurrenabaque, où celui qui tient l'agence me propose de faire un tour à moto avec lui dans la soirée. Mais il pleut, il fait nuit et je suis bien crevée, je décline donc. Le lendemain, il me propose de me conduire à l'aéroport. Il m'a préparé une bague avec une graine de la forêt en forme de cœur. Le vol est annulé pour cause de mauvais temps à la Paz, je passe donc une journée de plus à Rurre, ce qui fait du bien, histoire de se reposer un peu, de manger des bons fruits frais, de boire du jus de coco, de croiser un singe dans la rue, de diner avec des voyageurs solitaires, avant de partir vers le Salar d'Uyuni et le Sud-Lipez...

Photos ici: www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Rurrenabaque



Publié à 00:06, le 9/03/2012, dans BOLIVIA, Rurrenabaque
Mots clefs : forêt amazoniennejungle
Commentaires (7) | Ajouter un commentaire | Lien

La Paz, enfin

 

Partis d'Oruro, on arrive à 1h du matin à la Paz, une ville dont j'ai beaucoup entendu parler, que j'ai toujours voulu découvrir, nichée au milieu des montagnes et se développant de plus en plus sur leurs versants, même si nombre de maisons ne résistent alors pas aux violentes pluies, comme celles que connaît le pays en ce moment. Plus on monte, plus il fait froid, plus la population est pauvre. El Alto est une ville prolongement de la Paz, à 4000m d'altitude sur un grand plateau, où les maisons sont souvent faites de briques empilées, sans aucun revêtement supplémentaire. Étrangement, il semble que beaucoup de maisons ne sont pas finies même si elles sont habitées, beaucoup n'ayant pas de fenêtres alors que les températures sont souvent glaciales. Pour une fois, l'altitude ne me rend pas malade et je ne suis pas trop essoufflée, je me suis habituée en montant graduellement via Sucre et Oruro, ca fait du bien. Surprise pour nous, on arrive pour le grand jour du carnaval de la ville, il faut croire qu'on est poursuivis. Deux jours fériés où toute la ville boit et fait la fête, mais il faut avouer que le défilé n'a pas le même prestige que celui d'Oruro. Durant la semaine où on restera, on découvrira, en plus du carnaval, les marchés locaux (le mythique marché des sorcières qui vendent notamment des fœtus de lama est en fait tout petit), quelques musées, le mirador avec une vue impressionnante sur la ville et ses montagnes et des endroits sympas pour se sustenter... On profite aussi de notre temps à la Paz pour aller voir autre chose que je ne pensais pas voir un jour, du catch. Mais du catch spécial, où les vedettes sont des cholitas, des femmes indigènes se 'battant' en jupe et tresses, entre elles ou avec des hommes. Je me rends compte à quel point le catch est de la poudre aux yeux, et c'est en fait très marrant et très scénarisé. Des catchers sont même lancés dans le public qui ne demande que ca...


Photos de la Paz ici : http://oeo.la/YY4HVA4VA



On profite du jour férié à la Paz pour aller à Tiwanaku. La culture Tiwanaku a une grande importance en Bolivie, celle-ci ayant duré 2500 ans (avant les Incas). Le centre du pouvoir était alors concentré sur une île au milieu du lac Titicaca, avec ses grands temples, statues et rites. Aujourd'hui le lac est à 15km, et il ne reste que quelques ruines et statues. De nombreuses pièces sont dans d'autres musées du pays et une grande partie n'a pas encore été retirée de la terre (même si Hugo Chavez finance une partie des fouilles...). Notre guide est très expressif et sympa, il nous fait partager le son des hauts-parleurs d'antan creusés dans la pierre et parvient même à imiter une momie juste avec son pull...

Photos de Tiwanaku ici : http://oeo.la/YY4595U9A

De  retour à la Paz, Patrick et Veronika parviennent à me convaincre de descendre la route de La Paz à Coroico avec eux en vélo, route communément appelée «la route de la mort», ou «la route la plus dangereuse du monde». Que les âmes sensibles se rassurent, cette route a été très dangereuse car ultra étroite et bordée d'impressionnants ravins (avec près de 300 morts par an), mais aujourd'hui les camions et voitures passent sur une autre route laissant la voie libre aux vélos qui descendent. On part de 4700m dans la pluie et le brouillard pour descendre jusqu'à Coroico, où le climat est plutôt exotique. Le paysage est tout simplement magnifique, avec très peu de constructions et une nature encore sauvage. A force de freiner sur mon vélo pas top, je finis avec des bleus aux mains et aux fesses, mais je suis très heureuse de l'expérience.
 
Photos de la descente à vélo ici : http://oeo.la/YY4JFJYVA

Dans un autre registre, on part à Chacaltaya, un sommet de la Cordillère Royale, qui jadis était réputé pour être la station de ski la plus haute du monde, à 5300m. Il y avait en effet un glacier qui aujourd'hui a quasiment disparu. La station de ski était en fait une vielle baraque isolée, ce qui donne beaucoup de charme à l'endroit. Me sentant bien pour une fois en altitude, je pousse même mes efforts pour grimper à pied jusqu'à 5400m. Je fais pas ma fière, m'arrêtant tous les 5m pour respirer, mais j’atteins le sommet, ce qui me fait bien plaisir, je n'ai jamais été aussi haut, alors que ce soit dans la fameuse cordillère, ca me comble... Dans la foulée, on descend jusqu'à la Vallée de la Luna, un paysage naturel immense de terre séchée sous forme conique, dont les formes changent suivant les pluies, très étrange et beau.

Photos de Chacaltaya et de la Vallée de la Luna ici : http://oeo.la/YY4XKBVKA

 
Pour finir en beauté le séjour à la Paz, on part vers Copacabana , à la frontière du Pérou, pour quelques jours. Patrick partira ensuite vers le Pérou avant de continuer son tour du Monde vers l'Amérique centrale puis vers l'Asie alors que je repartirai vers la jungle et le salar avant d'aller au Pérou. Le voyage vers Copacabana permet de se rendre compte de l'immensité du lac Titicaca, comme une mer à 3800m d'altitude, entouré de magnifiques montagnes culminant à plus de 6000m pour la plupart. Copacabana est en fait un petit village, port de pêche, où, comme par hasard, on fête le carnaval le jour de notre arrivée. La place principale est envahie de gens dansant sur la musique de trois groupes qui jouent en même temps, l'alcool coule à flots non stop jusqu'aux petites heures du matin. Le village est le point de départ pour aller vers l'Isla del Sol, où le dieu Viracocha aurait créé le soleil et la lune. A 3h de bateau de Copacabana, l'île est magnifique, ultra tranquille, on dirait que le temps s'y est arrêté. Il n'y a pas de voiture, seulement des ânes pour transporter les marchandises, l'île étant extrêmement vallonnée. Beaucoup de ruines ont été préservées et les habitants partagent leurs connaissances naturellement, fiers de leur patrimoine. On nous parle notamment de la cité perdue nichée au fond du lac et recouverte d'or, du tunnel creusé sous l'eau par les incas pour relier le Pérou et de la fontaine de jouvence de l'île. Un chemin de l'inca traverse l'île du nord au sud (à 4000m), cela fait une très belle balade paisible sous le soleil. On finit la balade en dégustant une bonne truite du lac. On repart vers Copacabana le lendemain, puis je pars vers Rurrenabaque, aux portes de la jungle, via la Paz...

Photos de Copacabana et de la Isla del sol ici: www.dropbox.com/gallery/26774304/1/Copacabana-Isla%20del%20Sol
 
 
Biz biz à tous!
 

 



Publié à 06:10, le 5/03/2012, dans BOLIVIA, La Paz
Mots clefs :
Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien

Ambiance folle et carnaval à Oruro

 

J'ai donc quitté Sucre pour aller vers Oruro et son fameux carnaval. Nous sommes partis par un bus de nuit  avec un bon petit groupe de l'école, très sympa. Malgré le confort du bus, le trajet fut long (8h) et froid, mais surtout la musique très forte en boucle, boucle et reboucle d'un groupe où de jeunes femmes chantent de manière très aiguë a été insupportable malgré mes capacités d'endormissement en tout endroit reconnues... Bref, arrivée à 5h30 à Oruro, à 3600m, où il fait bien froid. On débarque dans une sorte de restaurant dont les tables et les chaises ont été retirées pour mettre des matelas partout, au moins une cinquantaine, en lignes. Il fait très froid mais on arrive quand même à s'endormir un peu. Après, on part faire un tour dans la ville où le trajet prévu pour le défilé du carnaval est pour le moment utilisé pour un grand marché pour se préparer: des ponchos de pluie (on en comprendra vite l'utilité même s'il ne pleut pas), des pétards, des déguisements, des jeux pour les enfants, de la bouffe à profusion comme de l'alcool... On s'équipe en perruques, j'opte pour le vert, puis on va manger au marché avec Elin et Patrick, mes comparses de l'école d'espagnol. Pour l'après-midi, on part visiter le musée anthropologique de la ville en microbus (avec notamment des crânes déformés, des sculptures de lama, des fossiles, des costumes...) puis on part vers l'église de la vierge de Sancavon, qui est en fait construite au-dessus d'une mine. On rentre dans l'église, où pour la première fois je vois des vitraux représentant des habitants locaux, on va au fond où brûlent des tas de cierges, et là, creusée au milieu de la pierre, se trouve l'entrée de la mine, assez étonnant. On fait la connaissance de Veronika, qui sera par la suite notre quatrième principale compagnon de voyage.

 

Le premier soir, on part à une dizaine d'étudiants de l'école se promener dans les rues. On croise un bon concert de musique rock locale puis on arrive sur la place centrale, où l'alcool coule à flot, et où on commence à se mêler à l'impressionnante foule se dandinant sur de la musique folklorique avant de se retrouver plongés dans de la musique bien moderne où tout le monde saute partout. On rentre, contents, un peu tard et on découvre que notre lieu d'accueil improvisé se transforme en toilettes payantes publiques pendant le carnaval (il n'y a que des tissus étendus qui séparent les toilettes de notre dortoir improvisé), ça donne un certain cachet au lieu...

Le samedi, c'est le grand jour du carnaval. L'ambiance est rapidement saisissante. Aux abords du défilé, plein de stands de nourriture, de boissons, d'accessoires multiples. Le défilé en soi est vraiment très beau et impressionnant. Non stop de 7h du matin à 4h du matin, les groupes se suivent et ne se ressemblent pas. Des multitudes de couleurs, de danses (souvent très énergiques), de musiques. Les personnes de la parade sont très communicatives et impliquent le public tant que possible. Sur le chemin du défilé, plein de gradins et de gens ratatinés, dont nous avec nos perruques, nos ponchos de pluie et nos appareils photos. Le poncho s'avère plus que nécessaire, étant attaqués de part et d'autre par des bombes à eau, des fusils à eau, des sprays de mousse... autant dans les tribunes qu'à l'extérieur, les gamins étant les plus terribles. On finit par s’équiper aussi en sprays histoire de se défendre, et on fait quelques carnages, même si à la fin, de toutes façons, tout le monde est trempé. Les boliviens avec lesquels on fait connaissance sont toujours très sympas et fiers de leur carnaval. Mais c'est clair aussi que la quantité d'alcool qu'ils ingurgitent pendant le carnaval est impressionnante. On croise notamment pas mal d'hommes endormis bourrés sur un bout de trottoir. La parade étant tout doucement de plus en plus investie par le public, on finit par se joindre (une quinzaine de gringos) à la parade en fin de journée, en dansant et en sautillant sur une bonne partie du trajet sous les acclamations du public, vraiment un bon moment. On se retrouve alors sur la place principale où on suivra l'arrivée des derniers groupes sous les feux d'artifice  jusqu'à 4h du matin. En se décidant à aller dormir, on ratera finalement le grand rassemblement près de la vierge de Sancavon où tous les musiciens jouent et dansent ensemble vers 6h du matin.

 

Le lendemain, la parade continue, d'abord sous le soleil puis sous une forte pluie. Toujours très joli et sympa, mais cela nous décide à ne pas attendre pour aller à la Paz et à prendre un bus le jour même. Je fais donc mes au-revoir à Elin, après 1,5 mois passés ensemble après notre rencontre à Sucre, c'est émouvant. Elle repart vers Sucre alors que Patrick, Veronika et moi, on part à la Paz où on passera quelques jours ensemble à découvrir et se balader. La Paz, une ville que je veux connaitre depuis longtemps... A suivre donc.

 

 

Photos d'Oruro et du carnaval ici: http://oeo.la/YY45W5YVA



Publié à 04:51, le 25/02/2012, dans BOLIVIA, Oruro
Mots clefs : Carnaval
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien
<- Page précédente